Ce qu'on trouve en ouvrant l'armoire informatique d'un cabinet

Pas de documentation, pas de pare-feu, des sauvegardes jamais relues. Ce que nous voyons vraiment, et ce que ça change pour le lundi matin.

Par ··mis à jour le ·3 min de lecture
Armoire informatique ouverte dans le local technique d'un cabinet.Retour de terrain

Quand un médecin nous demande de vérifier son installation, nous commençons toujours par le même geste : ouvrir l’armoire, ou le placard, où se trouve « l’informatique ». Ce que nous y trouvons se ressemble beaucoup d’un cabinet à l’autre.

Ce texte ne vise personne. Il décrit une situation très répandue, dont les médecins ne sont pas responsables. Personne ne leur a jamais montré ce qui se passait derrière la porte.

Aucun document

C’est le constat le plus fréquent. Aucun schéma, aucune liste de ce qui est installé, aucun mot de passe rangé quelque part. Tout est dans la tête d’une personne.

Le jour où cette personne n’est plus joignable, plus rien n’est possible. Pas parce que le matériel est mauvais : parce que plus personne ne sait ce qu’il fait, ni comment y entrer. Une assistante qui cherche un code le lundi matin n’a pas à improviser.

Pas de véritable protection vers internet

Souvent, le cabinet est relié à internet par le seul boîtier de l’opérateur. Ce boîtier ouvre la ligne. Il ne filtre pas, il ne surveille pas, il ne garde presque aucune trace.

Un pare-feu digne de ce nom fait ce travail : il sépare le cabinet d’internet. Sans lui, les dossiers patients sont à un câble de la rue. Il n’y a pas besoin d’une attaque sophistiquée : une porte oubliée suffit.

Des sauvegardes que personne n’a jamais essayé de relire

Un disque branché à l’arrière du serveur, qui clignote depuis des années. Sauvegarde-t-il encore ? Peut-on relire ce qu’il contient ? Dans bien des cas, personne ne le sait.

On le découvre le jour où on en a besoin. Une panne de disque, un rançongiciel, un poste noyé : le clignotement n’aide plus. Ce qui compte, c’est d’avoir déjà restauré un fichier, une fois, à froid, avant l’incident.

Du bricolage accumulé

Des multiprises en cascade. Un vieux poste qui sert de serveur. Un logiciel installé « provisoirement » il y a six ans. Rien de tout cela n’est grave pris isolément.

Ensemble, cela fait une installation que plus personne ne maîtrise. Chaque nouvelle imprimante, chaque nouveau poste, chaque « petite » exception s’ajoute. Au bout de quelques années, même la personne qui a tout monté hésite.

Ce que ça change pour vous

Un cabinet sans dossiers patients, c’est un cabinet qui ne consulte pas. Une attaque n’est pas obligatoire : une simple panne suffit. Quelques jours d’arrêt, et le secret médical reste votre responsabilité, pas celle de l’informaticien.

Les médecins que nous rencontrons le savent, en théorie. Ce qu’ils ignorent, c’est l’état réel de l’armoire. Ce n’est pas un reproche. C’est précisément ce qu’une visite sert à établir.

Ce que nous faisons dans ce cas

Nous ne touchons à rien pendant la vérification. Nous regardons, nous notons, nous remettons un bilan écrit, en langage clair, avec les priorités dans l’ordre.

Ensuite, deux chemins sont possibles : votre informaticien actuel corrige avec notre bilan en main, ou nous reprenons l’installation. C’est vous qui décidez. Le document est à vous dans les deux cas.

Si vous voulez savoir ce qu’il y a derrière la porte, faites vérifier votre installation.

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