Quand un médecin nous demande de vérifier son installation, nous commençons toujours par le même geste : ouvrir l’armoire, ou le placard, où se trouve « l’informatique ». Ce que nous y trouvons se ressemble beaucoup d’un cabinet à l’autre.
Ce texte ne vise personne. Il décrit une situation très répandue, dont les médecins ne sont pas responsables : personne ne leur a jamais montré ce qui se passait derrière la porte.
Aucun document
C’est le constat le plus fréquent. Aucun schéma, aucune liste de ce qui est installé, aucun mot de passe rangé quelque part. Tout est dans la tête d’une personne. Le jour où cette personne n’est plus joignable, plus rien n’est possible.
Pas de véritable protection vers internet
Souvent, le cabinet est relié à internet par le seul boîtier de l’opérateur. C’est comme fermer un cabinet avec une porte de jardin. Un pare-feu digne de ce nom filtre, surveille et garde une trace.
Des sauvegardes que personne n’a jamais essayé de relire
Un disque branché à l’arrière du serveur, qui clignote depuis des années. Sauvegarde-t-il encore ? Peut-on relire ce qu’il contient ? Dans bien des cas, personne ne le sait. On le découvre le jour où on en a besoin.
Du bricolage accumulé
Des multiprises en cascade, un vieux poste qui sert de serveur, un logiciel installé « provisoirement » il y a six ans. Rien de tout cela n’est grave pris isolément. Ensemble, cela fait une installation que plus personne ne maîtrise.
Ce que ça risque
Un cabinet sans dossiers patients, c’est un cabinet qui ne consulte pas.
Une attaque ou une simple panne peut arrêter un cabinet plusieurs jours. Et au-delà de l’arrêt, il y a le secret médical : la responsabilité reste celle du médecin.
Ce que nous faisons dans ce cas
Nous remettons un bilan écrit, en langage clair, avec les priorités dans l’ordre. Ensuite, deux chemins sont possibles : votre informaticien actuel corrige avec notre bilan en main, ou nous reprenons l’installation. C’est vous qui décidez.