Les 7 questions à poser à votre informaticien

Vous n'avez pas à juger une installation. Vous pouvez exiger des réponses claires. Si elles n'arrivent pas, vous saurez.

Par ··4 min de lecture
Échange professionnel autour d'une table, carnet et ordinateur fermés.Cabinets médicaux

Vous n’avez ni le temps ni l’envie de devenir informaticien. C’est normal. L’informatique de votre cabinet contient pourtant ce que vous avez de plus sensible : les dossiers de vos patients. Vous en restez responsable, même si quelqu’un d’autre s’en occupe.

Il n’est pas nécessaire de comprendre la technique pour savoir si tout est en ordre. Il suffit de poser sept questions, et d’écouter ce qui vient ensuite. Une réponse utile tient en quelques phrases, avec des faits. Une réponse vague, agacée ou renvoyée à plus tard est déjà une information.

1. Où sont mes sauvegardes, et quand ont-elles été testées pour la dernière fois ?

« Tout est sauvegardé » ne dit rien. Une sauvegarde qui n’a jamais été relue n’est qu’un espoir.

La réponse utile contient trois choses : un lieu (dans le cabinet, hors du cabinet, les deux), une fréquence, et une date de test récente. « On a restauré un fichier le mois dernier » est une réponse. « Le disque clignote, donc ça marche » n’en est pas une.

2. Si mon serveur tombe en panne demain matin, quand est-ce que je consulte à nouveau ?

On ne vous demande pas un chiffre à la minute près. On vous demande un ordre de grandeur, annoncé sans hésiter : quelques heures, une journée, une semaine.

Si la personne qui s’occupe de vous ne peut pas le dire, personne n’a prévu le cas. Le lundi matin, ce n’est plus le moment de l’inventer.

3. Qu’est-ce qui sépare mon cabinet d’internet ?

Il doit exister un pare-feu : un appareil dont le seul métier est de filtrer ce qui entre et ce qui sort. Le boîtier fourni par votre opérateur n’en est pas un. Il ouvre la ligne. Il ne protège pas le cabinet.

Si la réponse est « le Wi-Fi a un mot de passe », la question n’a pas été comprise. Un mot de passe Wi-Fi n’est pas une protection vers internet.

4. Qui possède les mots de passe principaux ?

Si votre informaticien disparaît demain, pouvez-vous reprendre la main ? Les accès principaux doivent être à vous, rangés dans un endroit sûr que vous connaissez.

« Je les ai, je suis joignable » n’est pas une organisation. C’est une dépendance. Le jour où le téléphone ne répond plus, le cabinet s’arrête pour une raison qui n’a rien à voir avec la médecine.

5. Où est la documentation de mon installation ?

Un document à jour qui décrit ce qui est installé, où, et comment. Sans lui, chaque intervention repart de zéro. Changer de prestataire devient un casse-tête, même si tout le monde est de bonne volonté.

Si la documentation n’existe que dans la tête d’une personne, elle n’existe pas. Demandez à la voir. Un fichier, un classeur, un schéma : peu importe le format, pourvu qu’il soit à vous.

6. Mes ordinateurs sont-ils à jour, et qui le vérifie ?

Les mises à jour ferment les portes que les attaquants utilisent. Quelqu’un doit les suivre, poste par poste, et pouvoir vous le montrer.

« C’est automatique » est trop court. Automatique où, sur quels postes, et que se passe-t-il quand une machine a été oubliée dans une salle ?

7. Qui peut se connecter à distance, et comment ?

L’accès à distance est pratique. C’est aussi une porte souvent visée. La réponse doit dire qui a le droit d’entrer, depuis où, et avec quelle double vérification, par exemple un code sur le téléphone.

« On a TeamViewer, c’est plus simple » n’est pas une politique d’accès. C’est une porte, parfois ouverte plus large qu’on ne le croit.

Ce que ces réponses vous apprennent

Si elles sont claires et immédiates, votre cabinet est probablement entre de bonnes mains. Gardez le document, ou demandez qu’on vous l’écrive.

Si elles sont vagues, agacées, ou remises à plus tard, vous n’avez pas besoin d’un cours d’informatique pour conclure. Vous avez besoin d’un regard extérieur. Dans ce cas, faites vérifier votre installation : vous recevez un bilan écrit, et vous gardez votre informaticien si vous le souhaitez.

La FMH publie des recommandations de sécurité informatique pour les cabinets médicaux. Vous n’avez pas à les connaître par cœur. Les sept questions ci-dessus suffisent pour commencer la conversation.

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